La réussite des entreprises technologiques qui atteignent une valorisation d'un milliard de dollars ne repose pas uniquement sur un code irréprochable ou sur une idée réellement disruptive. En pratique, elle se mesure à la solidité des fondations juridiques posées par les fondateurs avant de laisser entrer les investisseurs.
Lors des tours de financement, dans la Silicon Valley comme dans l'écosystème turc, du seed à la série A, des centaines de startups dotées d'excellents produits se heurtent au mur de la due diligence juridique. La cause est rarement le produit : ce sont les raccourcis juridiques pris au moment de la constitution, qui coûtent aux fondateurs leur financement ou, dans les cas les plus graves, leur place dans l'entreprise qu'ils ont créée.
Chez Ertuğ & Partners, nous exposons les 11 erreurs coûteuses qui font directement chuter la valorisation d'une startup et éloignent les fonds de la table de négociation.
ERREUR #1 : Ne pas signer de pacte de fondateurs
Vous avez peut-être créé l'entreprise avec un ami proche. Mais dès que la société commence à générer de vrais revenus, ou dès qu'une crise éclate, les accords verbaux ne résistent pas devant un tribunal. Les fondateurs doivent mettre les scénarios difficiles par écrit dès le premier jour :
ERREUR #2 : Le piège de l'entreprise individuelle ou de la société à responsabilité limitée
Constituer une entreprise technologique sous forme d'entreprise individuelle ou de société à responsabilité limitée (Ltd. Şti.) parce que l'immatriculation coûte moins cher, ou sur les conseils d'un comptable, crée des problèmes coûteux à défaire par la suite.
ERREUR #3 : Enregistrer la marque, le brevet et la propriété intellectuelle à son nom personnel
Les investisseurs n'achètent pas la startup : ils achètent la propriété intellectuelle qu'elle détient.
ERREUR #4 : Lancer son activité sur la marque d'un tiers
Choisir un nom après une simple recherche Google en concluant « personne ne semble l'utiliser » ouvre la voie à des contentieux lourds. Une marque non enregistrée auprès de TÜRKPATENT ou de l'OMPI constitue un signal d'alerte dans un rapport de due diligence. Une recherche d'antériorité professionnelle avant le lancement est la seule protection fiable contre une action en contrefaçon du titulaire réel ou une procédure d'arbitrage de nom de domaine (UDRP de l'OMPI).
ERREUR #5 : Contrats de travail et de droits d'auteur informels
Vous n'avez peut-être pas signé de contrat avec le développeur ou le graphiste que vous avez recruté. Même en l'absence d'écrit, les règles impératives du droit du travail s'appliquent dès l'affiliation à la sécurité sociale. En matière de propriété intellectuelle, en revanche, la situation diffère de ce que supposent la plupart des fondateurs :
ERREUR #6 : Copier-coller ses politiques de protection des données
Les données des utilisateurs sont la matière vitale d'une startup numérique. Si la notice d'information et la politique de confidentialité de votre application ou de votre site ont été copiées sur une autre société :
ERREUR #7 : Ne pas anticiper les licences et autorisations
Vous montez une fintech sans avoir obtenu l'agrément requis auprès de la Banque centrale de Turquie pour les services de paiement et de monnaie électronique, ou auprès du BDDK pour les activités bancaires. Ou vous développez un produit de santé numérique sans avoir jamais examiné s'il constitue un dispositif médical. En Turquie, les dispositifs médicaux relèvent de l'Agence turque du médicament et des dispositifs médicaux (TİTCK), et les certificats de conformité sont délivrés non par le ministère mais par des organismes notifiés habilités.
Vous pouvez concevoir une technologie remarquable et voir malgré tout le régulateur y mettre fin. La question de savoir si le produit relève d'un marché réglementé doit être tranchée en amont.
ERREUR #8 : Ne pas tenir les registres sociaux
Lorsqu'un investisseur demande à consulter votre registre des actionnaires et votre registre des décisions du conseil d'administration, répondre « nous ne les avons jamais fait légaliser, tout se fait oralement » met fin au processus le jour même. Le code de commerce turc impose que les décisions fiscales et commerciales soient consignées dans des registres légaux dûment certifiés.
ERREUR #9 : Des contrats clients B2B et B2C sans protection
Vendre à des consommateurs (B2C) au moyen d'un contrat de vente à distance incomplet ou déséquilibré, ou à des clients professionnels (B2B) au moyen de contrats de service standard dépourvus de plafonds de responsabilité, expose la startup à des actions de consommateurs et à des condamnations en responsabilité du fait des produits qu'elle ne peut pas absorber.
ERREUR #10 : Repousser la comptabilité et la fiscalité
Négliger ses déclarations fiscales la première année, porté par l'enthousiasme du lancement, ou laisser filer les cotisations sociales en pariant sur un futur rééchelonnement de l'État, constitue un carton rouge dès qu'un investisseur examine la société. La dette fiscale est la seule qui atteigne directement les comptes bancaires personnels du fondateur en cas de défaillance de l'entreprise.
ERREUR #11 : Travailler avec un avocat ami plutôt qu'avec un spécialiste
Une entreprise technologique n'a rien à voir avec un contentieux commercial ordinaire ou un divorce. Il s'agit d'opérations combinées, mêlant droit des valeurs mobilières, investissement providentiel, plans d'options (ESOP), propriété intellectuelle, droit du numérique et fiscalité internationale. Travailler avec un non-spécialiste pour réduire les coûts est le moyen le plus sûr de laisser s'installer dans vos contrats des clauses pathologiques, c'est-à-dire des stipulations qui s'effondrent dès qu'on les invoque.
Ce rapport constitue une analyse stratégique des points de rupture critiques dans la constitution des entreprises innovantes. Il ne vaut pas conseil juridique contraignant.
Dernière mise à jour : 10 août 2026.
